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Décharges de direction assurées par des M2 alternants

jeudi 1er juillet 2021

Prévue par la loi Blanquer, la réforme de la formation initiale se met en place. Il s’agit là encore d’une occasion d’économiser des moyens et d’utiliser davantage le recours aux personnels contractuels comme une main d’œuvre bon marché. En 2020-2021, exerceront en classe des professeurs des écoles stagiaires à mi-temps en classe, mais aussi des étudiant·es contractuel·les à tiers temps. De plus, il est exigé que des collègues deviennent les tuteurs de terrain de nos futur·es collègues contractuel·les M2 en alternance. Dans notre département, cela pourrait être des directeurs-trices. Explications, analyses et perspectives.

Malgré la crise sanitaire, J-M Blanquer a poursuivi, voire accéléré la réforme de la formation des enseignant·es dans laquelle se dessine clairement un centrage sur les « fondamentaux », un accès au métier plus difficile et un recours aux contrats accru.

Diskarg ar renerien graet gant studierienn M2 kontraktuel

Avec la mise en œuvre de la réforme de la formation initiale engagée depuis la rentrée 2020 (combattue par le SNUipp et la FSU* tout comme l’ensemble de la loi Blanquer) et s’inscrivant dans une logique de « professionnalisation », l’arrêté de master MEEF institue des « contrats d’alternance ». Dès 2021-2022, des étudiant·es contractuel·les de Master 2 seront en responsabilité de classe à raison d’un tiers-temps.

Alors même que les tâches liées à la direction d’école s’alourdissent, dans notre département la direction académique décide de charger la barque (à lire plus bas) ! Comment est-ce possible ?

Ce n’est faute d’avoir les informations nécessaires, car la Direction Académique recueille le ressenti des directeurs et directrices d’école. En effet, depuis un an plusieurs collègues sur des postes de direction sont réuni.es par la DSDEN au sein d’un groupe de travail (dit groupe "blanchet") afin que la réalité du métier soit évoquée.

Par ailleurs le Comité d’Hygiène Sécurité et des Conditions de Travail où siègent vos représentants du SNUipp-FSU 22 a réalisé une enquête sur la direction d’école auprès de tous les directeurs-trices du département, puis a réuni également un groupe d’une dizaine de directeurs et directrices pour échanger sur le vécu de cette fonction de direction.

Toutes les remontées du terrain incitaient à se diriger vers un allègement de la tâche. Et bien non, ce sera le contraire ! Certain·es directeurs-trices verront en plus une tâche de tutorat leur être imposée.
Demandez-nous ce dont vous avez besoin, afin que nous puissions vous imposer exactement le contraire : la méthode est celle de la défiance, pardon monsieur le ministre, de « l ’école de la confiance »...

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Nouvelle formation initiale

Les orientations nationales se déclinent par académie et et/ou département. Dans les Côtes-d’Armor, la direction académique a opté pour un stage filé des M2 alternant·es à tiers temps (une journée par semaine dans une école de 4 à 7 classes et une journée mensuelle dans une école de moins de 4 classes), les "utilisant" au passage comme moyens d’enseignement sur des décharges de direction (pour environ 700€ net par mois).

Effets concrets sur le terrain

  • La direction académique du 22 a pu recruter 45 étudiant·es contractuel·les alternant·es de M2 pour 2021-2022.
    Elle a ensuite défini un nombre supérieur de supports pour nos futur·es collègues de M2 (écoles à décharge de direction hebdomadaire et d’autres à décharge mensuelle).

Selon le cadre institutionnel, il n’est pas possible d’empêcher une affectation dans une école (de collègue titulaire, stagiaire, contractuel·le...), ce qui n’empêche pas le SNUipp-FSU de combattre la réforme en amont et après son application.

  • Tutorat d’un·e stagiaire sur place ?
    Selon la ministère, l’étudiant·e alternant·e doit être accompagné·e dans le cadre d’un double tutorat : tutorat de l’INSPE (PEMF) et tutorat de terrain.
    Dans le 22, la DSDEN a décidé qu’il serait plus "simple" et rentable d’attribuer le tutorat de terrain à des directeurs-trices à quart de décharge dont les écoles ont été définies comme support "berceau" pour l’un·e des 45 M2 alternant·es. Pour cela, on leur attribue une indemnité annuelle de 600€ pour compenser la charge de travail supplémentaire et la responsabilité (rien pour les directeurs/trices des écoles "berceau" à décharge mensuelle !).

Certain·es collègues directeurs-trices sont peut-être intéressées par cette fonction de tutorat (malgré la charge de travail importante, le temps de décharge insuffisant et l’absence d’aide administrative...).
Mais cela pourrait ne pas être le cas de tou·tes, pour les raisons évoquées ci-avant.

- Selon la DSDEN 22 et le rectorat, le/la directeur-trice peut refuser le tutorat, mais à la condition qu’un·e autre collègue de la même école l’assume (en percevant l’indemnité).
Dans les textes officiels, il est indiqué que la hiérarchie peut désigner un·e collègue au final*.
- Selon le SNUipp-FSU 22, le tutorat ne devrait être imposé à personne, encore moins à des directrices-teurs surchargé·es. Par exemple, la fonction de MAT (maîtres d’accueil temporaire) n’est jamais imposée.

Le SNUipp-FSU soutiendra les collègues qui refuseraient le tutorat à titre individuel ou collectivement au sein du conseil des maîtres.

*Extrait de l’arrêté du 24 juillet 2020 modifiant l’arrêté du 27 août 2013 fixant le cadre national des formations dispensées au sein des masters « métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation ». Article 1, 13° :
« Les étudiants concernés bénéficient d’un tutorat assuré conjointement par un tuteur désigné, dans la mesure du possible, au sein de la structure d’accueil et un personnel désigné par l’INSPE. Les tuteurs accompagnent l’étudiant pendant la période d’alternance et participent ainsi à sa formation. « L’évaluation de cette période de formation repose sur une analyse écrite ou orale et donne lieu à l’avis des tuteurs de la structure d’accueil et de l’INSPE. »

Contactez le syndicat en cas de pression.

Au long de l’année 2021-2022, année de mise en œuvre de la réforme, il s’agira de construire et de porter collectivement aux niveaux départemental, rectoral et national des revendications positives pour nos collègues contractuel·les et nos collègues directeurs-trices (accueil des M2 alternants sur la base du volontariat, demandes de stages massés plutôt que filés, tutorat exercé par des MAT, temps de décharge supérieur pour les directeurs-trices volontaires pour accueillir des étudiant·es à tiers temps en classe ?) et de créer un rapport de force suffisant pour obtenir satisfaction. Des réunions d’information syndicales et de partage d’informations sur la thématique de la direction seront organisées.

En général : vers la « professionnalisation » de la formation des enseignant·es.
Depuis plus d’un an, le ministère organise sa réforme de la formation initiale qu’il estime professionnalisante.

En réalité, il s’agit davantage :

  • d’utiliser les étudiant-es MEEF en responsabilité comme moyen d’enseignement ;
  • de les précariser en les contractualisant ;
  • de supprimer les décharges de service des lauréat·es lors de leur année de stagiaire, dégradant ainsi considérablement leurs conditions de travail et d’entrée dans le métier ;
  • De déstructurer et réduire la formation universitaire et professionnelle.

Le ministère est guidé par d’uniques considérations budgétaires, confrontant ainsi les étudiant-es à une surcharge de travail considérable.
En effet, elles et ils devront en même temps préparer un concours, valider un master et assurer les apprentissages d’élèves d’une ou plusieurs classes.
Pire, le gouvernement semble tirer profit de la crise sanitaire en misant sur la précarité actuelle des étudiant·es. De plus, les épreuves du concours étant davantage professionnalisantes, les étudiant·es qui auraient suivi un cursus universitaire non MEEF auront peu de chances de l’obtenir. Le rectorat ne mise d’ailleurs pas sur cette ressource en n’anticipant pas le temps en responsabilité de classe pour les lauréat·es qui n’auraient pas suivi le cursus MEEF.

Face à de telles perspectives, le SNUipp et la FSU ne cesseront de revendiquer une formation ambitieuse et exigeante et les moyens nécessaires pour la mettre en œuvre.

N’hésitez surtout pas à contacter le SNUipp-FSU 22 mais aussi à vous syndiquer pour soutenir l’action du syndicat et de ses représentant·es.

Dès maintenant, votre adhésion est valable pour la prochaine année 2021-2022.

Lego : vers un manuel ministériel ?

P.-S.

*À lire dans le 4 pages “Quelle formation pour les enseignant·es ?”

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Les élu.e.s du SNUipp-FSU 22 sont les délégué.e.s de tous les personnels enseignants du 1er degré, de tou.te.s les PE du 2nd degré et de tou.te.s les accompagnant.e.s dans le public. Elles et ils conseillent et accompagnent les collègues, interviennent dans les instances, contrôlent les opérations, portent les demandes, organisent les mobilisations puis rendent compte de leurs activités.

N’hésitez pas à les contacter... mais aussi à vous syndiquer pour soutenir leur action et celle du 1er syndicat.